mardi 15 juin 2021

Un polar politique au féminin : Hotel Baden Baden. Brigitte Glaser

Brigitte Glaser est peu connue en France alors qu'elle a de nombreuses parutions en Allemagne. Hôtel Baden-Baden est semble-t-il son seul roman traduit en français. Présenté parfois dans la rubrique espionnage, c'est un  agréable roman de suspense qui se déroule à l'aube des années 50 en République fédérale allemande, à proximité de Baden-Baden. Toute l'histoire se déroule pratiquement entre deux hôtels et ce sont des personnages féminins qui sont suivies avec le plus d'intérêt par l'auteur. 
Allemande, Rosa a émigré en Israël dès les début de la mise à l'écart des juifs qui devait mener ensuite aux persécutions du nazisme. Elle est donc depuis de nombreuses années en Israël, a défendu sa communauté lors de l'installation de son kibboutz et c'est à elle que l'on pense lorsqu'il s'agit de contrer une menace qui pourrait concerner le président allemand Adenauer. C'est 1951, l'époque où l'Allemagne évoque la possibilité de compensations financières pour Israël , une mesure qui a de nombreux adversaires en Allemagne comme en Israël. On craint un attentat contre le chancelier allemand lors de ses habituelles vacances dans la région de Baden Baden. 
Pour Rosa, c'est l'occasion de revenir à contrecœur en Allemagne. Pour le déroulement de l'histoire, de nombreux personnages qu'elle a connu en l'Allemagne ou même en Israël se retrouvent dans cette région bucolique. L'occasion pour l'auteur de raconter les états d'esprit de Rosa, de Sophie qui gère l'hôtel principal de la région, d'Agnès et de Walburg que Rosa a connues par le passé et qui seront impliqués dans cette histoire. 
Le roman est assez prenant et ne pâtit pas trop des atermoiements et préoccupations liés aux personnages. L'occasion pour le lecteur de se rendre compte que 6 ans après la fin de la guerre, de nombreux Allemands sont encore très partagés sur l'épisode du 3e Reich et analysent très différemment les possibilités qui s'ouvrent maintenant. Les non-dits sont la règle, comme en Israël d'ailleurs.
Bien écrit, avec souvent un charme un peu désuet, le roman pourrait tout à fait inspirer une mini série car les personnages sont là, leur passé bien décrit, les lieux ou les paysages intéressants.  Une époque d'histoire récente passionnante aussi.
Un sympathique rendez-vous de lecture quotidien...

Alain Lacour


En livre et ebook.

Disponible dans les bibliothèques ville de Paris en ebook.







mardi 12 janvier 2021

La saga Bernie Gunther (de Philip Kerr) par ordre chronologique de l'histoire. Romans

Philip Kerr(1956-2018) a terminé la saga de son enquêteur Bernhard Gunther par ''Métropolis'' qui  représente paradoxalement  sa 1ere enquête en 1928. Contrairement à ce qui s'affiche sur le bandeau de l'éditeur, c'est le dernier livre de philip Kerr et non la derniére enquête de Bernie Gunther : plutôt sa première.

Le premier roman paru en 1993, qui mettait en scène Bernie G,  se déroulait en 1936 ce qui n'en fait plus le 1er chronologiquement

Comment s'en débrouiller aujourd'hui pour découvrir cette saga ? Il peut être intéressant de remettre dans l'ordre chronologique de leur déroulement les aventures de ce policier allemand . On connait aujourd'hui sa carrière (fictionnelle) de 1928 à 1957, sous réserve qu'un nouvel auteur ait le désir et l'autorisation de faire perdurer ses aventures.

Attention, certains romans se déroulent à plusieurs époques .

 

Ordre conseillé : Ordre chronologique de lecture des aventures de  Bernie Gunther autorisant les flashbacks.

En utilisant cet ordre de lecture, on permet aussi à Bernie de se référer dans ses récits à des enquêtes passées. C'est assumé.
  1.   1928 :           Metropolis.    Berlin.
  2.   1936 :           L'Été de cristal.Berlin. 
  3.   1938 :          La Pâle Figure. Berlin. 
  4.   1941 :          Prague fatale. Berlin, Prague                                                                    
  5.   1943:          Les Ombres de Katyn.    Berlin, Katyne, Smolensk.
  6. 1947-1948 : Un requiem allemand. Berlin et Vienne.
  7. 1949 :           La Mort, entre autres.  Dachau, Garmisch-Partenkirchen, Vienne (et Palestine mandataire).
  8. 1950                    Une douce flamme.  Buenos Aires. 
  9. 1954                    Vert-de-gris.  La Havane et Berlin.
  10. 1954 (flashback vers 1934)   Hôtel Adlon.    Berlin et La Havane
  11. 1956      Les Pièges de l'exil. Côte d'Azur.
  12. 1956 (flashback vers 1943) :     La Dame de Zagreb. Berlin, Zurich, Croatie et Côte d'Azur.
  13. 1956 (flashback vers 1939) : Bleu de Prusse. Bavière et Côte d'Azur
  14.  1957  L'Offrande grecque.  Munich et Athènes.

 

 

Ordre chronologique des aventures  de Bernie Gunther par toute 1ère date. Peut inclure des divulgachages.

1    1928 :                    Metropolis.     Lieu principal : Berlin.

2    1934 (et 1954) :    Hôtel Adlon.     Lieux principaux : Berlin (et La Havane).

3    1936 :                    L'Été de cristal. Lieu principal : Berlin. 

4    1938 :                    La Pâle Figure. Lieu principal : Berlin. 

5    1939 (et 1956) : Bleu de Prusse. Lieux principaux : Bavière (et Côte d'Azur 1956).

6    1941 :                    Prague fatale   Berlin et prague

7    1943 (printemps) : Les Ombres de Katyn.     Lieux principaux : Berlin, Katyne, Smolensk.

8    1943 (et 1956) :     La Dame de Zagreb. Lieux principaux : Berlin, Zurich, Croatie (et Côte d'Azur 1956).

9    1947-1948 : Un requiem allemand. Lieux principaux : Berlin et Vienne.

10    1949 :         La Mort, entre autres. Lieux principaux : Dachau, Garmisch-Partenkirchen, Vienne (et Palestine mandataire).

11    1950                    Une douce flamme. Lieu principal : Buenos Aires.

12    1954                    Vert-de-gris. Lieux principaux : La Havane et Berlin.

13    1956                    Les Pièges de l'exil. Lieu principal : Côte d'Azur.

14    1957                    L'Offrande grecque. Lieux principaux : Munich et Athènes.

 

AL al101fr@yahoo.fr

 

 


mercredi 30 décembre 2020

John Le Carré. Retour De Service. Roman & Ebook

 John Le Carré est décédé récemment et on pourrait chercher un testament dans le dernier roman qu'il nous a laissé.

Il n'en est rien. Retour De Service est un roman presque léger même si on y retrouve plusieurs sitauations que Le Carré affectionnait :  

Un service d'espionnage en décrépitude , un espion blanchi sous le harnais à qui on confie la gestion de ce service à l'abandon en lui rappelant qu'il est la cinquième roue du carrosse et qu'il doit seulement gérer le quotidien.

Une rencontre fortuite avec un idéaliste.

Un lien avec l'actualité : après la guerre froide dans ses différentes époques et nuances, les luttes palestiniennes, la Russie post URSS, les luttes africaines d'indépendance ou les liens de la haute finance avec les vendeurs de mort de tous bord, c'est aujourd'hui au temps du brexit  de la période Trump et des errements politiques anglais que John Le Carré s'est coltiné.   

Souvent, ses romans montrent comme les idéalistes sont finalement trahis par les institutions qui les emploient ou devraient les protéger. Des promesses sont rompues,  des amitiés sont trahies.

Parfois, comme dans La Maison Russie, les petits soldats arrivés de plein gré ou par hasard dans l'histoire réussissent à s'en sortir. Je ne trahirai pas le devenir des personnages de ce dernier roman mais il clôt magnifiquement cette épopée d'un auteur unique à travers les époques depuis que l'espionnage régit nos vies dans l'ombre, sans bruit.

 

Merci, John. 

Merci pour toutes ces lectures formidables dont on parle régulièrement avec les proches ou les inconnus, pour peu qu'ils s'intéressent  à l'Europe et sa petite histoire, à nos voisins de frontières si similaires ou si différents de nous, et notamment nos amis allemands et anglais, sous l'oeil méprisant des USA et de la Russie davantage que de la Chine. 

Nos ennemis sont aussi proches que nos amis.

AL.

mardi 10 novembre 2020