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dimanche 29 mai 2011

Hypothermie / Arnaldur INDRIDASON

La version Points Poche
Je dois la vérité à ceux qui ont passé leur enfance à attendre les différents épisodes de Harry Potter, ne manquaient aucun épisode de "Charmed" ou rêvent aujourd'hui de vampires sexys et mystérieux : les fantômes n'existent pas. On peut se raconter des histoires de fantômes, de dames blanches et autres revenants, on peut croire en eux comme d'autres croient en des dieux, en l'auto-régulation du libéralisme économique ou la guérison spontanée des bonnes sœurs mais le jour où je me mettrai à les voir ou les entendre, j'espère qu'un bonhomme comme le commissaire Sveinsson viendra me déciller les yeux.
Pourtant, Arnaldur Sveinsson vient d'une région d'Islande où on croit aux fantômes et, comme il le dit, où il y a peu de temps que les gens ont quitté les maisons de tourbe pour prendre un abonnement au téléphone mobile.
La version Originale
Même à Reykjavík, on peut se retrouver poursuivi par des fantômes, avoir des idées bien ancrées sur un devenir après la mort. Ce serait tellement bon de pouvoir s'excuser auprès de nos disparus auxquels on a causé du tort ou y trouver les raisons de leurs actes passés.
Oh, Sveinsson n'est pas un donneur de leçons : il continue à chercher des personnes depuis longtemps disparues et il le fait sans humour, sans extravagance mais avec pas mal de ténacité. Comme beaucoup d'entre nous et quasiment tous les héros des polars modernes, il trimballe pas mal de casseroles affectives telles qu'une fille camée, une femme dont il a divorcé et un frère disparu dans une tempête de neige quand ils étaient enfants, des éléments que je suppose récurrents dans les différents volumes de son épopée dont "Hypothermie" est le 6ème opus paru en Français en poche.
La Maison Du Lac Thingvellir

Ici, le commissaire islandais, sortant de son domaine de prédilection, s'intéresse au suicide d'une jeune femme qui croyait aux fantômes, se remettait difficilement de la mort de sa mère "fusionnelle" qui elle-même n'avait jamais complètement assumé celle de son mari vingt ans auparavant. On se suicide pour moins que ça mais A.S. a tendance à aimer les dossiers bien ficelés et sans doute que ce profil " l'interpelle" particulièrement : à la manière de "New York Police Judiciaire" mais avec beaucoup plus de temps, d'interrogations et de vraisemblance, il va relire des rapports, questionner tous les protagonistes et replacer les faits dans l'histoire récente et plus lointaine pour arriver à se faire une idée des motivations de chacun. Simultanément, il ne pourra s'empêcher de profiter de son expérience sur "ses" disparus du passé qui l'habitent et l'accompagnent....comme des fantômes.


Le roman est bien construit même s'il vaut mieux se faire une petite liste des noms indigènes des personnages et des lieux si on veut entièrement se plonger dans l'enquête. La retenue dont font preuve les islandais nous change des gémissements et autres excès fréquents du côté américain et le commissaire Sveinsson va de l'un à l'autre un peu comme un Droopi de Tex Avery tristounet mais opiniâtre que personne de son entourage ne semble comprendre. La législation islandaise semble draconienne sur les libertés individuelles et la présomption d'innocence sans qu'elle soit jamais mentionnée, ce qui nous fait une petite diversion de nos "grandes" démocraties donneuses de leçons de liberté mais toujours promptes à les piétiner. L'enquêteur est donc obligé de tout faire lui-même et en cachette, sans compter sur les analyses ADN et autres caméras de surveillance qui remplacent aujourd'hui le temps d'enquête, l'expérience et la réflexion personnelle.

Un bon polar qui fait aussi témoigner la "victime" , un apport qui nous mâche un peu trop le travail quelquefois (lol)

Lire le 1er chapitre

A lire : oui, c'est réussi.
A acheter : 7€ en poche avec une belle couverture mais une photo malheureusement simplement issue d'une banque d'images
A faire connaître : oui

ATTENTION : les ouvrages de Arnaldur Indridason sont souvent classés en bibliothèques ou librairies aux initiales du prénom ARN et non à celles du nom  IND. Mystère...
Le thingvellir gelé

A emprunter en rayon ROMAN POLICIER de la Bibliothèque Couronnes. (11 titres d'INDRIDASON au 01-11-11 )